Mesure
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Pour être en mesure de comprendre, voire de reproduire les îles explorées, le laboratoire opère un relevé très précis des terres immergées qu'il arpente.
La méthode consiste à opérer un double mouvement, à la fois en concevant ses propres unités de mesure et en changeant d'unité d'un espace à l'autre.
Le laboratoire appuie donc ses projets sur des normes en mouvement qui lui permettent d'ajuster l'échelle de ses réalisations au hasard des unités produites.
Cette relativité permanente offre au laboratoire la capacité de ne saisir, telle la coquille saint-jacques, que les éléments mouvants de son environnement et ainsi de lutter contre l'akinétopsie qui frappe la plupart des autres laboratoires.

"Dans l'entourage de la coquille Saint-Jacques, son ennemi le plus dangereux, l'astérie, se trouve à portée de vue de ses cents yeux. Tant que l'étoile de mer reste immobile, elle ne produit aucun effet sur le mollusque. Sa forme caractéristique n'est pas un caractère perceptif pour ce dernier. Mais dès qu'elle se met en mouvement, il lance en réponse ses longs tentacules qui lui servent d'organe d'odorat. Ceux-ci s'approchent de l'étoile de mer et reçoivent un nouveau stimulant. Le mollusque se soulève alors et s'éloigne en nageant."
Jacob von Uexküll - Mondes Animaux et monde humain - 1934.

Ainsi, si le laboratoire avait existé aux 18e et 19e siècles, il aurait sans doute pu se poster en coquille Saint-Jacques au large de la Sicile pour suivre, mesurer, et lancer la reconstruction de Ferdinandea, une île volcanique éphémère qui apparut puis disparut en 1701, 1831 et 1863.

La perception discontinue du laboratoire peut donc s'apparenter à une mesure à éclipse, partielle, et nécessairement incomplète, tout à fait adaptée à l'incomplétude qui constitue une bonne part du monde à explorer.
(cf "L'île à éclipses : Histoire des apparitions et disparitions d'une terre française en Méditerranée" de Bruno Fuligni (Les Editions de Paris, 2003)


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